tendance

Provoc complaisante

Pourquoi ? Ben parce que ça fait vendre. Nouvel avatar de la tendance : Clodogame, qu’un excellent article de Rue89 analyse à fond ici .

Je ne rajouterai pas grand chose à l’analyse de l’auteur et pour cause : moi, ce jeu, je n’y ai pas joué. Mais si, effectivement, en plus d’être délétère il est nul et bugué alors souhaitons lui un retour rapide dans un néant qu’il n’aurait pas dû quitter.

En lisant cet article, j’ai repensé à celui là . Des fausses pub sprite porno, moins malsaines que clodogame mais tout aussi vulgaires et finalement aussi peu créatives.

La provocation, moi j’aime bien ça et je trouve que notre époque et internet en manquent plutôt. Mais pour être valable il lui faut sinon le talent au moins les intentions  d’un Desproges ou d’un Gainsbourg. C’est à dire la volonté réelle de faire bouger les lignes. De pousser le spectateur ou le lecteur à repenser son système. En tous cas, elle ne saurait être aussi facile que les deux exemples cités plus haut.

Car il est difficile d’imaginer un oxymore plus lamentable que celui de provocation complaisante.

Le web documentaire

Le Monde nous apprend que le web documentaire acquière ses lettres de noblesses en France en faisant une entrée remarquée au festival « Visa pour l’image » de Perpignan. Pour lire l’article, cliquez ici.

Si le quotidien du soir verse ensuite dans une autosatisfaction relativement justifiée (il a été un des premiers grands médias français à publier des web reportages de qualité), je suis bien obligé de confesser que la suite de l’article me reste passablement en travers de la gorge.

« Ça, ce n’est pas du Web-documentaire. Ça doit être un vrai produit multimédia avec de la bonne photo, un bon son, de la bonne vidéo et un bon montage. »

De la bonne photo, du bon son ? J’ai envie de répondre : un bon sujet, un bon traitement, une bonne analyse. Qu’est ce que c’est que cette définition patchwork, purement formelle, qui évacue la question fondamentale du fond ?

Et puis, la création internet, n’est-ce qu’un « produit multimédia » ? A l’heure où le web 2.0 est devenu ridicule à force d’être galvaudé, que penser d’un objet web qui évacue tout rapport avec l’interactivité ?

Bref, si on ne peut que souhaiter avec Antonin Sabot, auteur de l’article, que le web-documentaire trouve les moyens de se développer, espérons seulement qu’il ne le fera pas que sous la forme d’un CD-Rom en ligne.