GTA 4 : Provocation consensuelle ?
Pour bien saisir ce que la culture geek doit à GTA4, rappelons brièvement quelques faits : Le jeu vidéo est le média le plus pudibond qui soit, le seul média d’expression contemporain où la question de la sexualité est frappée d’interdit. Les interdictions de vente aux moins de 18 ans tombent au nom de scènes incomparablement moins choquantes que le JT TF1 moyen. Des cabales et associations montent régulièrement au créneau pour demander l’interdiction du média (lire ici les réjouissantes aventure de l’avocat Jack Thompson).
Contrairement à ce qu’on lit ici ou là, GTA n’a pas le mérite d’être le premier jeu vidéo politiquement incorrect. Rappelons le délicieux Fallout des années 90, bien plus osé à bien des égards. Mais GTA est le premier blockbuster à avoir osé des transgressions en terme de goût et de morale. Avec pour résultat un bol d’air salutaire pour la culture vidéoludique : les éditeurs et distributeurs savent désormais qu’ils peuvent gagner beaucoup d’argent en sortant des schémas moraux consensuels. Une avancée importante pour une industrie incomparablement plus frileuse sur les questions morales que ne peut l’être le cinéma.