Posted by François Vermorel on octobre 6th, 2009 |
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En 1998, avec leur brûlot « Le Hold-up planétaire » Roberto Di Cosmo et Dominique Nora ambitionnaient d’éveiller les consciences au danger que représentait un Microsoft aujourd’hui bien affaibli. Du fait de son monopole quasi exclusif sur le segment sensible de la recherche d’informations, c’est aujourd’hui Google qui cristallise les soupçons et les inquiétudes. D’autant que le moteur aux lettres colorées n’est pas franchement partisan de la transparence quant à son fonctionnement interne…
Sur cette angoisse tente de surfer Renaud Chareyre et son bouquin « Google Spleen » qui s’est invité il y a quelques jours dans nos boites mails. Spam ? Admettons qu’il aurait été difficile de faire la promo du livre à coup de campagne addwords. Et pour cause, objectif affiché : écrire, je cite « l’anti-légende de Google ». Rien que ça.
Un site web 0.5 radioactif
« Google Spleen » c’est aussi un site aux couleurs radioactives consultable ici : http://www.googlespleen.com . Déjà, j’avais des doutes. Pas à cause de l’esthétique, non, je ne suis pas un snobinard : on a le droit d’avoir rien à cirer du webdesign quand on publie une étude. Mais bon, quoi, pas de blog, pas de forum, pas d’interview vidéo pas même un pauvre fil rss ! le web de papa, quoi, le niveau zéro de la geekerie ! Quand on prétend se payer Google en 2009, c’est un peu court, non ?
Quelques jours plus tard, l’auteur a mis son premier chapitre en téléchargement gratuit. Il aurait peut-être pas dû.
23 pages en téléchargement qui coûtent le temps de les lire
Mais du temps pour le coup vraiment perdu. Bon prince, je vous résume : Google, figurez vous, n’est pas aussi gentil qu’il en a l’air. C’est une entreprise qui cherche à gagner du pognon. Scoop !
Ce qui se veut une charge anti google tient au rabâchage d’arguments lus et relus une bonne centaine de milliers de fois sur tous les forums des dix dernières années. Google tire ses revenus de ses recettes publicitaires qui font du coup planer un doute sur l’objectivité de son moteur de recherche d’informations (re scoop !). Il s’autorise des pratiques discutables quant au respect des données personnelles et de la vie privée (re re scoop !). Enfin, voyez-vous, il nous formate l’esprit (re re re scoop !).
Pas d’enquête, pas d’analyse
Renaud Chareyre, l’auteur, est supposé avoir eu « de multiples échanges avec certains membres du personnel de Google, parfois dans des contextes très privilégiés ». Et alors, quoi ? pas même l’ombre d’une petite info exclusive ? Un truc vraiment sale que de grands méchants cadres de Google auraient pu se proférer au détour d’un couloir, sans savoir qu’ils étaient épiés par notre valeureux défenseur de la pluralité de l’information ? Je sais pas, moi, quelque chose comme le temps de cerveau disponible de Le Lay… Ca ça aurait valu les 21 euros qu’est supposé coûter « Google Spleen ».
Mais non, rien
Et si Renaud Chareyre n’a pas d’info spécialement croustillante à nous donner, il ne lui était pas interdit de réfléchir. Google est dépendant de sa pub, ok. On suppose que ça peut nuire à sa vocation d’outil d’information, ok. Est-ce que c’est pas le cas également de la presse ? Qui informe et qui sert de support publicitaire ? Et d’ailleurs, les rapports entre Google et les médias, y’aurait pas moyen de les analyser un petit peu ? Ca aurait été potentiellement un peu plus intéressant qu’une succession fadasse et délavée d’arguments pas forcément inexacts mais ô combien éventés.
Pour les quatre chapitres suivants, la gratuité ne suffira pas, il faudra me payer
Définitivement, je cherche une qualité aux 23 pages que j’ai lues et je n’en trouve aucune. On avait « Photoshop pour les nuls », voici « la critique de Google pour les nuls ». Permettra t-elle aux ménagères de 50 ans de briller en salon ? Rien n’est moins sûr. En tous cas à l’auteur qui, très vertueusement, analyse à longueur de pages les arrières pensées économiques de Google, on a envie de demander : « Dites, vous pensez vraiment que vous allez parvenir à vous faire du pognon avec ça ? »
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