Posted by François Vermorel on septembre 3rd, 2009 |
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Chrome : un ratage Google ?
Chrome, vous vous en souvenez ? J’en parlais il y a un an, sur ce blog, bien sûr, et à mes étudiants qui à l’époque commençaient déjà à être saoulés par mon enthousiasme technophile. Chrome, le navigateur de Google. Chrome, la dernière innovation du puissant moteur de recherche omniprésent sur la toile et dans ses usages.
Chrome, c’était une nouvelle génération de navigateur, plus puissant, plus modulable, plus inventif : onglets améliorés, gestion ultra rapide du javascript, sécurité accrue, interfaçage amélioré avec les documents bureautiques. Le tout adossé à la formidable machine de guerre Google. Chrome, rapidement, devait tailler une croupière au poussiéreux IE de Microsoft et au quand-même-un-peu-amateur Firefox de Mozilla.
3% d’utilisateurs
Sauf que non.
Un an après son lancement, Chrome patine à 3% d’utilisateurs à l’échelle mondiale et 2% en France (stats Journal du Net à lire ici). Devant le geekophile Opéra, quand même, mais derrière le moche et désuet Safari (fourchette entre 3,2 et 4%) et, surtout, bien loin derrière Firefox qui, lui, passe les 25% en grignotant toujours plus IE.
Chrome arriverait-il après la bataille ? Les usagers moyennement expérimentés, sans être geeks, ont déjà fait l’effort de migrer sur Firefox. Chrome n’a pas su leur parler pour les amener à lui. Ses innovations n’ont pas convaincu par leur utilité alors que les bugs d’affichage de sa version béta ont été unanimement remarqués. Bref, la mayonnaise n’a pas pris.
Et puis au delà, l’image Google est peut être bien en voie de Microsoftisation. On n’aime pas bien les géants archi dominants qui écrasent les petits. C’est pas sympathique. Google, avant, faisait bouger les lignes, c’était un peu la boite contestataire qui remettait en question le monopole Bill Gates sur les nouvelles technologies. Maintenant, ben c’est un mastodonte comme les autres et la cote d’amour de l’usager se reporte sur d’autres boites, plus petites, plus modestes… et dont on espère plus de modernité.
Alors, la prochaine étape, celle qui commence à ressembler à une arlésienne, l’OS Chrome, qu’est ce que ça va donner ? Ben, je parierais pas dessus. Parce qu’installer un nouvel OS, même en dual boot sur sa machine est quand même bien plus flipant que de lancer un nouveau navigateur. Et parce que les Ubuntus et autres Linux commencent à se généraliser et à convaincre au delà de leur cercle initial de geek hardcore. Un problème de timing, encore une fois.
En attendant, moi, je suis en train de poster ce message depuis Firefox.
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