Archive for avril, 2008

Scorcese + Bill Gates = ?

Lu ce matin sur Libération : cliquez ici

Sous la pression européenne, l’état met fin à son monopole sur les jeux d’argent.

Dire que cette décision est attendue depuis longtemps sur le web francophone relève de l’euphémisme. Personnellement, je m’attends à une déferlante. Un peu comme si le porno en langue persane était brusquement légalisé par Téhéran : le web iranien le sentirait passer.

Affaire à suivre : l’article de Libé mentionne plusieurs grosse boite sur les starting blocs. Mais il y en aura d’autres. Le principal enjeu sera à chercher du côté des systèmes d’affiliation qui permettront à des webmasters indépendants de proposer des services complets gérés par les grosses structures. Et de se concentrer uniquement sur la promotion et le référencement.

Belle et réjouissante foire d’empoigne en perspective. Et puis, bon, sur internet, au moins, on ne brise pas les rotules de ses mauvais payeurs.

Esprit Design

Glané au fil du web, le Blog Esprit-Design consacré aux tendances internationales en terme de design, de mobilier, high tech, etc.

Un projet éditorial ambitieux, une ergonomie simple mais qui ne sacrifie pas l’élégance… et surtout une vraie perspective web 2.0, orientée collaborative et internationale. A bookmarquer.

C’est ici :

Blog Esprit-Design

Procès people et Web 2.0

Un article de Rue89 à lire ici

Intéressant à bien des égards : depuis les débuts du web, les questions de liberté d’expression, protection de la vie privée et responsabilités des éditeurs et hébergeurs de sites internet n’ont jamais été tranchées. En 1999, Estelle Halliday assignait l’hébergeur Altern en justice et demandait 700 000 francs de dommages et intérêts au motif qu’un site web hébergé par la start up présentait des photos d’elle dénudée. Si l’affaire avait fait grand bruit, elle n’avait engendré aucune jurisprudence.

Et si les peoples étaient les ennemis naturels du web participatif ?

Do you Yahoo ?

Qui se souvient de cette pub slogan symbole de l’annuaire entre 2000 et 2001 ? A cette époque, Yahoo avait su dominer les altavista, les lycos et tous les autres grands portails. Son service mail était jugé le meilleur. Son annuaire – prétention délirante aujourd’hui – avait une vocation réaliste à l’exhaustivité. Et ses services, nombreux, variés et inventifs, associés à une mise en page légère et efficace, en faisaient un lieu de passage quotidien obligé pour tout internaute assidu.

Les temps ont changé et, en tant que société indépendante, Yahoo vit ses dernières heures, comme en témoigne cet article du Monde.

On peut ricaner, moquer les choix stratégiques de Yahoo qui a, notamment, largement contribué à la naissance et à la promotion de son grand concurrent Google. Il n’en demeure pas moins que ce portail, bien que passablement endormi ces dernières années, aura été un des grands piliers du web à l’âge du 56k. Et que la fin de son indépendance n’est sans doute pas une bonne nouvelle dans l’univers de web : ni les utilisateurs, ni les professionnels n’ont intérêt à une trop grande concentration de pouvoir entre les mains de peu d’acteurs.

De retour d’Adtech

Petite visite hier à l’Adtech, le salon du marketing digital qui s’est tenu au Palais des congrès, Porte Maillot.

Pas forcément grand chose sous le soleil, en fait : beaucoup d’agences expliquent qu’elles sont leader mondiales en affiliation, en référencement, en tracking, en marketing comportemental, tout ça… Je m’attendais à voir un peu plus de technos innovantes, de web sémantique 3.0, tout ça… Las ! Dans le meilleur des cas des boites réinventent le forum alors que des agences censément à la pointe du marketing mobile s’offrent des tranches de ridicules en expliquant sans rire que leurs campagnes démarrent par du tractage pour inciter les cibles potentielles à activer le bluetooth de leur téléphone mobile : Après seulement, extase, ils reçoivent un gif animé sur leur portable.

Bref, la journée aurait pu être franchement moyenne mais…

« De toutes les manifestations de puissances…

… la retenue est celle qui impressionne le plus ». Citation de Thucydide, un temps accrochée dans le bureau de Collin Powel avant que la deuxième guerre du Golfe ne lui fasse, justement, oublier toute retenue. Elle a peut être bien été méditée par le staff marketing de Google tant leur conférence était justement impressionnante à la fois de modestie et de qualité. Le géant n’a pas à jouer des muscles, à verser dans l’hystérie auto satisfaite.

Il se contente de donner le la et d’améliorer son exceptionnel outil de pub en ligne : vidéo, tracking, optimisation de sites… En une heure, explication précise de nouveaux outils concrets, directement exploitables et passionnants. Difficile de ne pas être fan : la boîte à outils google ressemble à un vaste jeu de legos qui excite l’imagination.

Fondation Mozilla

Un excellent dossier publié par le Journal du net : à lire ici

On lui reprochera bien sûr un ton un peu grandiloquent et publicitaire sur le thème « Regardez ce David qui inquiète sinon terrasse le Goliath Microsoft ». Mais ça fait partie des règles du genre et un peu d’enthousiasme ne fait jamais de mal.

Je réagis sur un point qui me paraît à la fois intéressant et inquiétant. On apprend dans cet article que Mozilla affiche un Chiffre d’Affaires de 66,8 Millions de dollars. A l’échelle des géants de l’informatique, c’est peu mais bon, quand CCom en sera là… Rappelons que chez Mozilla tout est gratuit et sans publicité. L’article nous enseigne que Mozilla gagne de l’argent via ses partenariats, notamment avec Google. Quand on connaît la rivalité qui oppose le célèbre moteur de recherche au géant de Redmond et quand on sait, comme l’article nous le répète, que Mozilla est avant tout une épine dans le pied de Microsoft, difficile de ne pas émettre l’hypothèse suivante : Et si Google se servait de la fondation Mozilla comme d’une arme contre Microsoft ?

Mozilla, fondation philanthropique à but non lucratif ou une pièce comme une autre de l’échiquier économique ? Sans doute un peu des deux ?