Yahoo, Google et Microsoft : la femme, son mari et son amant

A lire, ici, sur Le Monde ... ou où vous voulez : Yahoo renonce à Microsoft et s'allie avec Google.

Au début, l'affaire me passionnait car une remise en question de la politique des grands moteurs ne peut qu'avoir un impact majeur sur toute la profession... Mais j'avoue m'être lassé : l'histoire ressemble de plus en plus à une pièce de boulevard, voir même à un interminable soap opéra.

Amis lecteurs et internautes : réveillez moi quand tout sera dévoilé et terminé.

Journal du Net : comparatif des moteurs

Info tendances du Journal du Net sur les performances des moteurs... C'est pour ce genre d'actu que JDN est un média indispensable à la profession. A lire ici

Ce que ça m'inspire :

- Google reste indétrônable et, même, creuse l'écart : Bon, on s'en doutait. Mais j'ai beau être spécialisé en référencement sur ce moteur, je persiste à estimer qu'un peu de concurrence assainirait le marché de la recherche en ligne.

- Ask et Voila semblent s'être repliés sur la stratégie "Prends le fric et tire toi". Ils gavent leurs résultats de liens sponsorisés et dédaignent les efforts pour grimper en qualité. Ca sent le début de la fin...

- Yahoo obtient de très bons résultats en liens sponsorisés. Il va falloir que je me penche sur ces outils là. D'autant qu'à l'international le vieil annuaire a des taux de fréquentation et d'usage bien supérieurs à ce qu'il fait en France.

- Les résultats redondants baissent, le spam aussi. Les requêtes complexes et les recherches d'actus montent. Bon, ben même si ça n'a rien d'étonnant, c'est quand même une bonne nouvelle : ça signifie que, de plus en plus, c'est la qualité qui paie et notamment la qualité éditoriale. Ca signifie qu'à CCom, nous avons de beaux jours devant nous. Ce dont, finalement, nous n'avons jamais douté.

Interrogation

Avez vous remarqué que le favicon de google est devenu une lettre minuscule et bleue ?

Le meilleur du web

Un blog incontestablement excellent : celui de maître Eolas

Maître Eolas est avocat, ce qui n'est ni un défaut ni une qualité. Il écrit bien, souvent même très bien, ce qui est rare. Et surtout il se décarcasse pour donner du droit et de ses phénomènes des explications humaines et limpides. Et ça c'est précieux, peut être unique.

Keitai Shôsetsu

Quand on se sent fatigué, déprimé, qu'on a l'impression d'avoir un peu tout vu, que le quotidien gris s'empoussière d'une routine fastidieuse alors il est temps d'aller jeter un oeil du côté du Japon.

Parmi toutes les innovations délirantes de créativité qui abondent au pays du soleil levant, en voici une qui me fascine tout particulièrement : la littérature par sms (pour plus d'infos, cliquez ici ).

Bien sûr, inutile de se leurrer : dans leur immense majorité, les oeuvres sont produites pour un public d'adolescentes qui zapent d'un chapitre à l'autre entre deux métro. Peu de chances, pour l'instant, que s'y expriment de nouveaux Tanisaki ou Kawabata... et pourtant...

Ce phénomène ne serait-il pas précurseur de quelque chose de vraiment étonnant, de vraiment fondamental d'un point de vue artistique, culturel et littéraire ? Et si la littérature du 21ème siècle, ou du moins des années 2000, devait se repenser à partir de nouveaux supports ?

Qu'en pensez vous ?

Google Health

Google annonce la mise en ligne d'un service d'archives médicales permettant de stocker une sorte de carnet de santé On-Line.

Les détails [ici |http://www.vnunet.fr/fr/news/2008/05/21/google_health_propose_un_historique_medical_securise|fr]

J'ai beau être fan, je trouve, là, que Google va un peu trop loin. La question de la préservation des données personnelles devient un tantinet préoccupante. Le moteur a une forte propension à croiser ses données et ses services et travaille d'arrache pied pour établir des cartographies sociales élaborées. Sachant cela, ne vais je pas être amené à douter de la fidélité de ma petite amie si d'aventure les liens sponsorisés de ma messagerie gmail me recommandent des médicaments contre le SIDA ?

Larousse et Wikipédia

Il serait tentant de rire de l'initiative de Larousse qui met enfin en place une encyclopédie en ligne. La maison du pissenlit a longtemps fait partie de l'aile la plus réactionnaire des anciens médias, avançant à contre coeur sur le marché du CD Rom et pourfendant la révolution internet avec les arguments les plus élitistes et les plus passéistes qui soient.

Alors, combat d'arrière garde de Larousse ? Tentative désespérée pour rattraper le train de l'histoire avec quatre wagons de retard ? Echec annoncé d'un projet bien trop tardif ? Pas si sûr...

Larousse propose un double niveau : d'un côté ses articles écrits par des spécialistes bien identifiés, de l'autre un espace "contribution" collaboratif dans la droite ligne de Wikipédia. Objectif : allier le sérieux et la réputation d'une encyclopédie traditionnelle avec le volume, la quantité, la réactivité du web 2.0. Le beurre et l'argent du beurre...

Bien sûr, le modèle économique reste à trouver car Larousse, contrairement à Wikipédia, n'est pas une fondation à but non lucratif. Mais ce modèle éditorial est intéressant et symptomatique d'une nouvelle tendance du web. Il y a un an naissant rue89, média en ligne, conçu de la même manière : un groupe de journalistes sert de pivot à une construction éditoriale largement basée sur des contributeurs plus ou moins bénévoles et spécialistes dans leur domaine. 12 mois après son lancement, ce site s'est fermement implanté dans le web d'information francophone.

L'alliance du professionnalisme éditorial et du web participatif est elle enfin en train de se réaliser ?

Encore un

Mais en anglais, cette fois, un concurrent sérieux pour marmiton.org : Epicourious

Design impeccable, navigation fluide, base de données colossale... ma foi, de quoi faire remonter la réputation gastronomique anglo-saxonne... au moins sur le web.

Marre des référenceurs bidon ?

Essayez celui ci : http://www.referencement-magie.com/

Résultats garantis.

Microsoft ne rachètera pas Yahoo... cette fois

A lire, l'excellent article d'Ecrans sur les tenants et la aboutissants de l'offre d'achat la plus passionnante du mois : cliquez ici.

Plusieurs questions en suspens, donc :

- Quelle va être la stratégie de Yahoo ? Comment le portail peut il espérer trouver sa place dans le web de demain ?

- A quand l'émergence d'un véritable challenger de Google ?

- Les effets d'annonce de Microsoft vont ils, enfin, être suivis de résultats ?

La guerre, le web et la bouffe

On parle un peu trop de chocs de titans : Google vs Microsoft, Xbox vs PS3 vs Wii, Free vs Orange ou Numéricable...

Ces batailles numériques mégalomanes ne doivent pas nous faire oublier que, sur le web ont lieu de terribles affrontement qui concernent des secteurs moins tendance mais autrement plus fondamentaux : la bouffe.

Je viens de découvrir par hasard, l'excellent site suivant : www.agneaupresto.fr

Spécialisé dans la gastronomie de l'agneau ce site est piloté par une association de producteurs. Mais si j'étais le webmaster de marmiton.org, le célèbre site web gastronomique, est ce que je ne me ferais pas des cheveux blancs ? Et si le web gastronomique était à l'aube d'une guerre semblable à celle que se sont livrés les sites de vente en ligne ?

GTA 4 : Provocation consensuelle ?

Pour bien saisir ce que la culture geek doit à GTA4, rappelons brièvement quelques faits : Le jeu vidéo est le média le plus pudibond qui soit, le seul média d'expression contemporain où la question de la sexualité est frappée d'interdit. Les interdictions de vente aux moins de 18 ans tombent au nom de scènes incomparablement moins choquantes que le JT TF1 moyen. Des cabales et associations montent régulièrement au créneau pour demander l'interdiction du média (lire ici les réjouissantes aventure de l'avocat Jack Thompson).

Contrairement à ce qu'on lit ici ou là, GTA n'a pas le mérite d'être le premier jeu vidéo politiquement incorrect. Rappelons le délicieux Fallout des années 90, bien plus osé à bien des égards. Mais GTA est le premier blockbuster à avoir osé des transgressions en terme de goût et de morale. Avec pour résultat un bol d'air salutaire pour la culture vidéoludique : les éditeurs et distributeurs savent désormais qu'ils peuvent gagner beaucoup d'argent en sortant des schémas moraux consensuels. Une avancée importante pour une industrie incomparablement plus frileuse sur les questions morales que ne peut l'être le cinéma.

Vous vous sentiez un peu jeune, ce matin ?

Hé ben cliquez ici et ça devrait aller mieux...

Scorcese + Bill Gates = ?

Lu ce matin sur Libération : cliquez ici

Sous la pression européenne, l'état met fin à son monopole sur les jeux d'argent.

Dire que cette décision est attendue depuis longtemps sur le web francophone relève de l'euphémisme. Personnellement, je m'attends à une déferlante. Un peu comme si le porno en langue persane était brusquement légalisé par Téhéran : le web iranien le sentirait passer.

Affaire à suivre : l'article de Libé mentionne plusieurs grosse boite sur les starting blocs. Mais il y en aura d'autres. Le principal enjeu sera à chercher du côté des systèmes d'affiliation qui permettront à des webmasters indépendants de proposer des services complets gérés par les grosses structures. Et de se concentrer uniquement sur la promotion et le référencement.

Belle et réjouissante foire d'empoigne en perspective. Et puis, bon, sur internet, au moins, on ne brise pas les rotules de ses mauvais payeurs.

Esprit Design

Glané au fil du web, le Blog Esprit-Design consacré aux tendances internationales en terme de design, de mobilier, high tech, etc.

Un projet éditorial ambitieux, une ergonomie simple mais qui ne sacrifie pas l'élégance... et surtout une vraie perspective web 2.0, orientée collaborative et internationale. A bookmarquer.

C'est ici :

Blog Esprit-Design

Procès people et Web 2.0

Un article de Rue89 à lire ici

Intéressant à bien des égards : depuis les débuts du web, les questions de liberté d'expression, protection de la vie privée et responsabilités des éditeurs et hébergeurs de sites internet n'ont jamais été tranchées. En 1999, Estelle Halliday assignait l'hébergeur Altern en justice et demandait 700 000 francs de dommages et intérêts au motif qu'un site web hébergé par la start up présentait des photos d'elle dénudée. Si l'affaire avait fait grand bruit, elle n'avait engendré aucune jurisprudence.

Et si les peoples étaient les ennemis naturels du web participatif ?

Do you Yahoo ?

Qui se souvient de cette pub slogan symbole de l'annuaire entre 2000 et 2001 ? A cette époque, Yahoo avait su dominer les altavista, les lycos et tous les autres grands portails. Son service mail était jugé le meilleur. Son annuaire - prétention délirante aujourd'hui - avait une vocation réaliste à l'exhaustivité. Et ses services, nombreux, variés et inventifs, associés à une mise en page légère et efficace, en faisaient un lieu de passage quotidien obligé pour tout internaute assidu.

Les temps ont changé et, en tant que société indépendante, Yahoo vit ses dernières heures, comme en témoigne cet article du Monde.

On peut ricaner, moquer les choix stratégiques de Yahoo qui a, notamment, largement contribué à la naissance et à la promotion de son grand concurrent Google. Il n'en demeure pas moins que ce portail, bien que passablement endormi ces dernières années, aura été un des grands piliers du web à l'âge du 56k. Et que la fin de son indépendance n'est sans doute pas une bonne nouvelle dans l'univers de web : ni les utilisateurs, ni les professionnels n'ont intérêt à une trop grande concentration de pouvoir entre les mains de peu d'acteurs.

De retour d'Adtech

Petite visite hier à l'Adtech, le salon du marketing digital qui s'est tenu au Palais des congrès, Porte Maillot.

Pas forcément grand chose sous le soleil, en fait : beaucoup d'agences expliquent qu'elles sont leader mondiales en affiliation, en référencement, en tracking, en marketing comportemental, tout ça... Je m'attendais à voir un peu plus de technos innovantes, de web sémantique 3.0, tout ça... Las ! Dans le meilleur des cas des boites réinventent le forum alors que des agences censément à la pointe du marketing mobile s'offrent des tranches de ridicules en expliquant sans rire que leurs campagnes démarrent par du tractage pour inciter les cibles potentielles à activer le bluetooth de leur téléphone mobile : Après seulement, extase, ils reçoivent un gif animé sur leur portable.

Bref, la journée aurait pu être franchement moyenne mais...

"De toutes les manifestations de puissances...


... la retenue est celle qui impressionne le plus". Citation de Thucydide, un temps accrochée dans le bureau de Collin Powel avant que la deuxième guerre du Golfe ne lui fasse, justement, oublier toute retenue. Elle a peut être bien été méditée par le staff marketing de Google tant leur conférence était justement impressionnante à la fois de modestie et de qualité. Le géant n'a pas à jouer des muscles, à verser dans l'hystérie auto satisfaite.

Il se contente de donner le la et d'améliorer son exceptionnel outil de pub en ligne : vidéo, tracking, optimisation de sites... En une heure, explication précise de nouveaux outils concrets, directement exploitables et passionnants. Difficile de ne pas être fan : la boîte à outils google ressemble à un vaste jeu de legos qui excite l'imagination.

Fondation Mozilla

Un excellent dossier publié par le Journal du net : à lire ici

On lui reprochera bien sûr un ton un peu grandiloquent et publicitaire sur le thème "Regardez ce David qui inquiète sinon terrasse le Goliath Microsoft". Mais ça fait partie des règles du genre et un peu d'enthousiasme ne fait jamais de mal.

Je réagis sur un point qui me paraît à la fois intéressant et inquiétant. On apprend dans cet article que Mozilla affiche un Chiffre d'Affaires de 66,8 Millions de dollars. A l'échelle des géants de l'informatique, c'est peu mais bon, quand CCom en sera là... Rappelons que chez Mozilla tout est gratuit et sans publicité. L'article nous enseigne que Mozilla gagne de l'argent via ses partenariats, notamment avec Google. Quand on connaît la rivalité qui oppose le célèbre moteur de recherche au géant de Redmond et quand on sait, comme l'article nous le répète, que Mozilla est avant tout une épine dans le pied de Microsoft, difficile de ne pas émettre l'hypothèse suivante : Et si Google se servait de la fondation Mozilla comme d'une arme contre Microsoft ?

Mozilla, fondation philanthropique à but non lucratif ou une pièce comme une autre de l'échiquier économique ? Sans doute un peu des deux ?